By : Max Mehran

This next article will be written in French as the team I interviewed came all the way from France to share with our Fringe Audience their critically acclaimed piece, Les Créanciers. I met with  Frédéric Fage (director/producer), Maroussia Henrich (actor/Tekla), Benjamin Lhommas (actor/Gustave), and Colombe Villaume (dancer). Around a table at Starbucks, we had an informal, friendly discussion about the phenomenon that is Les Créanciers and their journey to Montreal.

 

[QDF] Pour commencer, parlez-moi de la pièce et des thèmes abordés.

[Frédéric] Les Créanciers est avant tout une histoire d’amour et de passion destructrice comme certainement nous l’avons tous vécue au début de nos premières émotions amoureuses. C’est quelque chose de très fort qui vient nous secouer à vif. C’est l’histoire d’un ex-mari qui, se sentant trahit par son ex-femme, vient se venger en manipulant son petit-copain du moment.

 

[QDF] Quelles sont les raisons derrières le choix de cette pièce ?

[Frédéric] Nous l’avons choisie parce que, justement, elle évoque quelque chose que nous avons tous vécu, avec une intensité plus au moins différente. Ce qui fonctionne dans cette pièce, c’est que tous les spectateurs en sortent bouleversés parce qu’elle leur rappelle des émotions qu’ils ont vécu. Elle est intemporelle. J’ai choisi cette pièce pour son côté humain, esthétique, et le texte de Strindberg qui est juste une merveille.

[Benjamin] Ce qui est fort avec cette pièce c’est qu’elle a été écrite en 1888, et c’est une histoire d’amour entre trois personnes qui a ce caractère intemporel dans lequel on se reconnaît tous aujourd’hui.

 

[QDF] En tant qu’acteur, comment avez-vous abordé la pièce et les personnages en sachant que c’est une pièce du dix-neuvième  siècle?

[Benjamin] C’était notre parti pris dès le départ de travailler sur des personnages qui nous ressemblent, qui sont inscrits dans la modernité d’aujourd’hui. Le texte était pour nous assez moderne pour pouvoir travailler avec nos propres personnalités, le monde d’aujourd’hui, et la façon dont on est nous.

[Maroussia] Oui, nous avons travaillé à partir de nous et nos personnalités tout en étant dans ce beau cocon que Frédéric nous a instauré, très esthétique, avec une vraie ligne directrice. Ce sont vraiment trois fortes personnalités que nous essayons de garder au plus proche de nous pour que ça touche les gens au plus proche d’eux.

 

[QDF] Je me tourne maintenant vers Colombe, danseuse, et lui demande de me parler davantage de ce qu’elle apporte au spectacle.

[Colombe] J’étais un peu surprise quand Frédéric m’a parlé du projet, de la pièce et de sa volonté d’avoir un moment dansé dans une pièce de théâtre. Il m’a dit que c’était une création assez libre pour moi. Il voulait que j’exprime l’émotion du personnage entre les deux premières scènes. Le spectateur peut y voir le côté sombre de Tekla ou y voir une annonce funèbre, je laisse libre le spectateur de s’approprier la danse. C’était un peu comme les comédiens pour jouer : c’est libre aux spectateurs de voir ce qu’ils veulent ressentir et je trouve génial de pouvoir apporter un moment dansé dans une pièce parce que cela exprime les émotions différemment par le corps, sans la parole.

 

[QDF] Frédéric, quelles étaient vos inspirations dans votre mise-en-scène, qui a mon œil, se montre très esthétique, ressemblant à plusieurs tableaux ?

[Frédéric] Mon inspiration est venue de différents  arts, en considérant  aussi bien ce que va apporter le comédien ou le photographe ou la danseuse. Essayer de mélanger tout ce côté esthétique que j’aime pour en faire ce cocon particulier. Mon inspiration a été aussi avant tout très psychologique. Ce sont des pièges dans le velours rouge, des  tableaux trop parfaits, des  personnages qui donnent trop  l’impression de bien se tenir.

 

[QDF] Comme nous l’avons remarqué lors de petits extraits que nous avons réussi à voir, vous mélangez les arts classiques avec ces tableaux, mais aussi de la musique très moderne. Comment, selon vous, ces deux styles réunissent dans la pièce ?

[Benjamin] Je crois que ce qu’a voulu faire Frédéric c’est ce caractère intemporel, et le mélange des genres et des temporalités permettent de ne pas pouvoir se situer dans quelque chose de précis, au niveau de l’esthétique, de la date, et du caractère de la pièce. Cela permet d’instaurer un flou artistique dans lequel on peut se retrouver chacun selon son interprétation.

[Maroussia] Ce qui est beau c’est qu’on a vu que ce texte de Strindberg qui a été écrit en 1888 n’a, en aucun moment, été changé. Nous sommes restés complétement proches du texte et ça n’a pas été un empêchement à y rajouter des musiques modernes ou de la danse. Au contraire, il y avait une parfaite alchimie entre les deux. C’est à ce moment qu’on voit la puissance du texte qui nous a encouragés de traverser au travers des temps, portés par le texte.

 

[QDF] Avant Avignon, la pièce a été présentée à Paris pour quelques semaines et votre succès là-bas a poussé l’équipe de voyager jusqu’à Montréal. Parlez-moi de la volonté de s’inscrire au Fringe et du sentiment d’être arrivé ici.

[Frédéric] C’est l’envie de partager, le fait d’avoir compris que c’était un sentiment partagé par tous au-delà des frontières et même des langues. Cette pièce est intemporelle mais aussi internationale parce que tout le monde ressent le sentiment amoureux, de frustration et de déchirement. Aussi, ce festival Fringe a une connotation très ouverte, très internationale, alors oui, on a une place particulière, mais nous avons notre place avec cette pièce dans le festival. Finalement, avant d’être metteur-en-scène et producteur, j’ai fait une carrière de naviguant avec Air France, pour moi l’envie de voyager est restée.

[Maroussia] D’être ici, c’est dingue ! Il y a un sentiment de se dire ‘wow.’ On se rappelle de quand nous avons commencé, quand nous ne savions pas où cette aventure allait nous mener. Cela a pris plus en plus d’ampleur, et nous nous retrouvons aujourd’hui à Montréal. C’est un sentiment fou, et sans avoir encore joué, nous ressentons une grande excitation.

 

[QDF] Depuis Paris, vous vous retrouvez ici avec l’équipe originale: les trois comédiens et la danseuse. Parlez-moi de cette camaraderie qui dure depuis deux ans.

[Benjamin] Pour l’instant, nous ne nous sommes pas lassés  les uns les autres.

[Colombe] Ce qui est incroyable. (rires)

[Benjamin]  Nous avons tellement travaillé pour construire cette pièce ensemble, définir ces personnages, savoir comment nous allions  les jouer, que nous avons vraiment envie de la montrer, de la  jouer. Nous ne nous lassons  pas du tout de ce sentiment. C’est une pièce très importante pour nous qui continue d’évoluer au fil des années.

[Colombe] Le théâtre n’était pas du tout un environnement que je connaissais, et en tant que danseuse je suis juste éblouie et ébahie par tout ce qui se passe sur scène et ces qualités humaines qui me touchent différemment. Nous mélangeons nos styles, nous nous apportons quelque chose mutuellement, et c’est un échange qui continue d’évoluer.

[Maroussia] Oui. Il y a une respiration commune.

 

[QDF] Est-ce que au Jour 0, vous vous imaginiez être ici aujourd’hui ?

Consensus: Pas du tout ! (rires)

 

[QDF] Qu’elles sont vos espoirs pour ces prochains jours ?

[Benjamin] Nous espérons que le public sera  nombreux.

[Frédéric] Et aussi que le public reste après pour discuter avec nous. C’est notre but quand nous participons à ce genre de festival; de partager avec le plus de monde possible.

[Colombe] Nous souhaitons échanger. Échanger avec un public différent de celui que nous avons en France.

 

Thank to you Frédéric, Benjamin, Maroussia, and Colombe for answering our questions and sharing more about their upcoming productions. You can catch the team hanging out at the Fringe Park and other events. Thank you for this wonderful rapport. Find out more about the production here.

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